Conte « La princesse au petit pois »

La princesse au petit pois

La princesse au petit pois

Le prince

Le prince

Il était une fois dans un royaume très lointain, un prince qui se languissait de ne pas trouver de princesse avec laquelle se marier. Non pas qu’il était repoussant ou idiot, au contraire toutes les jeunes filles du royaume rêvaient de se marier avec lui. Mais il cherchait la perle rare, une véritable princesse ! Chaque jour, il réfléchissait longuement devant la fenêtre de ses appartements. Il avait déjà mis un avis de recherche de princesse dans tout le royaume, sans succès. Il avait alors décidé d’élargir son périmètre de recherche et s’était mis à parcourir le monde, pendant plus de 300 jours, pour rencontrer toutes les princesses des royaumes alentours. Mais les princesses qu’il rencontrait n’étaient jamais assez bien pour lui, tantôt laides et capricieuses, tantôt méchantes et prétentieuses. Aucune ne convenait, et le roi et la reine désespéraient qu’il trouve l’amour un jour.

La princesse

La princesse

Un soir, alors que la pluie battait fortement les murs et fenêtres du château, quelqu’un frappa à la grande porte d’entrée. Le majordome ouvrit la porte peu rassuré, mais ce qui se tenait devant lui avait l’air parfaitement inoffensif. Il s’agissait d’une jeune fille, complètement trempée. « Je suis venue voir le prince, suite à son avis de recherche de princesse. Je suis la princesse du royaume des Roses. Je devais arriver dans l’après-midi mais je me suis perdue… Et la nuit tombe vite ici. ». Le majordome s’apprêtait à lui dire de rentrer chez elle, quand le roi et la reine arrivèrent devant la porte. « Vous êtes trempée ! » commença la reine. « Vous ne pouvez pas rester dans cet état, entrez donc ! » continua le roi. La jeune fille s’avança et entra dans le hall du château. « Apportez-lui des couvertures ! Mademoiselle, venez vous réchauffer auprès du feu. ». Intrigué par tout cette agitation inhabituelle pour un soir d’hiver, le prince descendit de ses appartements à pas de loup pour écouter la conversation.

Le petit pois

Le petit pois

La princesse était en train de se sécher et de se réchauffer auprès de la cheminée, lorsque le prince fit discrètement signe à sa mère de venir le rejoindre. « De qui s’agit-il ? » demanda-t-il soucieux. « C’est une princesse. La princesse du royaume… ». « Une princesse ? Dans cet état ? Je suis sûr que ce n’est encore qu’une paysanne qui se fait passer pour une princesse ! » coupa le prince énervé. Désespérée par la réaction de son fils, pour lequel aucune fille n’était jamais à la hauteur, la reine n’argumenta pas plus. Elle sentait qu’il s’agissait bien d’une princesse, et elle avait sa petite idée pour en avoir le cœur net. Alors qu’une demoiselle de chambre venait de préparer la chambre de l’invitée, la reine ajouta sur le lit vingt matelas et édredons, et glissa sous le plus bas d’entre eux, un petit pois. « Si cette jeune fille dort mal cette nuit, cela prouve définitivement qu’elle a la délicatesse d’une princesse ! » pensa la reine. La princesse alla se coucher, mais elle n’arrivait pas à s’endormir. Elle se retournait dans tous les sens pour trouver une position confortable, en vain. Quand le soleil se leva le lendemain matin, elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit, et ressemblait encore moins à une princesse que la veille.

La rencontre

La rencontre

Lorsque la princesse descendit l’escalier pour rejoindre le grand salon où elle s’était réchauffée la veille, elle aperçut dans un des grands fauteuils, la reine, déjà réveillée. « Bonjour, vous êtes bien matinale dites-moi ! Avez-vous bien dormi ? » demanda la reine impatiente et enjouée à la vue de la mine défaite de la princesse. « Je n’ai pas très bien dormi malheureusement, sans vouloir accuser votre literie, j’ai été gênée toute la nuit par quelque chose au niveau de mon dos. » confessa la princesse, intimidée. La reine dut se contenir pour ne pas applaudir de joie la nouvelle, et prit congé rapidement pour monter un autre escalier au bout de la pièce. La princesse, intriguée, la suivit discrètement. Arrivée dans un long couloir sombre, elle s’arrêta et tendit l’oreille. « C’est une véritable princesse ! Elle a senti le petit pois que j’avais glissé sous vingt matelas et édredons ! Peut-être pourriez-vous lui dire quelques mots en bas afin de faire connaissance ? » dit la reine au prince. « C’est vrai qu’elle a l’air fort jolie… Si c’est bien une véritable princesse, peut-être puis-je lui parler un peu. » répondit le prince. La princesse, énervée par cette mise à l’épreuve, descendit prudemment les escaliers pour attendre dans le salon la visite imminente du prince. Lorsque celui-ci apparut finalement dans le grand salon, il tenait fièrement un bouquet de roses rouges à la main. Il s’avança confiant. « Bonjour, je suis le prince… » Mais la princesse furieuse lui coupa la parole « Vous m’avez testée car vous ne me croyiez pas ! Si vous ne me faites pas confiance, votre intérêt feint et soudain ne m’intéresse pas ! Avant de savoir si je vous conviens, peut-être devriez-vous attendre de savoir si je vous trouve à la hauteur ». Brandissant un petit pois, elle tourna les talons, laissant le prince interloqué. « Mais peut-être… pouvons-nous parler ? » avança le prince timidement. « Et bien, commencez par me faire la cour, envoyez-moi donc des lettres, et je verrai si je vous trouve digne de moi. » répliqua la princesse non sans un sourire. Impressionné par tant d’audace et d’esprit, le prince la laissa partir, réfléchissant déjà à la première lettre qu’il allait lui envoyer l’après-midi même au royaume des Roses.

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