Conte « La fée Clédesol »

Conte écrit et illustré par Allison Hornung.

La fée Clédesol

La fée Clédesol

Il était une fois...

Il était une fois…

Il était une fois une fée du nom de Clédesol. Dès que l’on tournait sa clé, une douce mélodie s’échappait de la petite boite à musique en bois et en or sur laquelle elle était posée. La fée se mettait alors progressivement en mouvement, dansant gracieusement pour le plus grand bonheur de la fillette qui l’avait reçue pour son anniversaire.

Otto la radio

Otto la radio

 

Un beau matin de printemps, une grosse boite verte fit son apparition sur la commode où se trouvait Clédesol. Intriguée, elle approcha timidement la main de l’objet, lorsqu’elle entendit soudain un étrange bruit sortir de celui-ci.  De la musique ! « Je vais enfin pouvoir me reposer un peu » pensa-t-elle.  Mais au fil des jours la fillette n’avait d’yeux que pour Otto la radio. Toutes les excuses étaient bonnes pour l’allumer. Il avait même remplacé Clédesol à l’heure du coucher… Et plus Otto s’installait dans le cœur de la fillette plus Clédesol s’empoussiérait.

Le spectacle

Le spectacle

Pour son anniversaire, la fillette, comme chaque année depuis qu’elle avait reçu Clédesol, organisa un spectacle de jouets avec ses amies. Après avoir présenté Otto la radio, puis avoir pris le thé avec Gougou l’ours en peluche, et enfin avoir chevauché à travers toute la chambre sur Lilly la licorne, elle installa le petit théâtre pour le clou du spectacle : Clédesol. La fillette actionna la clé de la boîte à musique, et la douce mélodie se fit entendre. Clédesol commença gracieusement à enchaîner les figures comme à son habitude. Mais cette fois-ci elle ne voyait plus l’émerveillement dans le regard de la petite fille. Et plus la musique défilait, plus elle avait de difficulté à se mouvoir et semblait désarticulée. Soudain, à la grande surprise des convives, elle se raidit puis fut incapable d’effectuer le moindre mouvement de plus.

Le coffre à jouets

Le coffre à jouets

« Cassée… J’ai bien peur qu’elle ne soit cassée » avait dit le père de la fillette après avoir examiné Clédesol sous toutes les coutures. Elle dut alors quitter la commode pour le coffre à jouets. Mais elle savait bien que les jouets mis dans le coffre sortaient moins souvent, et qu’ils finissaient tous par être oubliés. Tous les soirs, elle observait tristement la fillette, espérant que celle-ci se retournerait et lui demanderait de danser encore une fois avant d’aller se coucher. Mais les jours passaient, et Clédesol ne sortait pas du coffre.

La fée Mandoline

La fée Mandoline

Un soir où Clédesol était particulièrement triste, elle monta sur le coffre à jouets pour observer la fillette endormie. Ne pouvant retenir ses larmes plus longtemps, elle se mit à pleurer. Soudain, elle entendit un petit rire aigu provenant de derrière elle. Elle se retourna, mais il n’y avait rien… Le rire se transforma alors en petit gloussement étouffé. Quelqu’un se moquait délibérément d’elle ! Sanglotant de plus belle, elle se tourna à droite, puis à gauche, quand d’un seul coup la chose riante tomba d’un tableau à sa droite. « Bonjour ! Je suis Mandoline ! Et toi ? » Clédesol interloquée ne put émettre un son. Mais Mandoline continuait de parler sans s’en soucier. « Je suis une fée ! Dès que quelqu’un est triste, j’apparais et je le console ! Et toi ? Tu es une fée aussi me semble-t-il… » Descendue du tableau, Mandoline l’observait à présent sous toutes les coutures. « Je suis une fée ? » répéta Clédesol incrédule. Mandoline hocha la tête.

Le test de Mandoline

Le test de Mandoline

« Mais si je suis une fée… Quel est mon pouvoir ? » demanda Clédesol intriguée. Mandoline continua son tour d’inspection puis sauta du coffre. « Hum… Il me semble qu’il faut faire quelques tests pour le trouver » répondit-elle. Elle plongea ensuite dans le coffre à jouets, y farfouilla quelques secondes et en sortit plusieurs objets. Elle fit ensuite signe à Clédesol de venir la rejoindre. « Pourquoi es-tu si triste ? » questionna Mandoline, tout en installant les objets du test sur le sol. Clédesol lui expliqua alors que la fillette la croyant cassée ne l’aimait plus, que tout avait commencé avec l’arrivée d’Otto la radio, et qu’elle n’arrivait plus à danser. Mandoline se redressa alors et se frotta le menton. « Hum… et si tu montrais que tu n’es pas cassée ? ». Sans laisser le temps à Clédesol de répondre, elle lui fit signe de monter sur un petit vélo, et posa les différents objets sortis du coffre sur sa tête. « Pour trouver ton pouvoir, tu dois faire du vélo en maintenant ces objets en équilibre ». Clédesol commença à pédaler avec difficulté sous le regard espiègle de Mandoline, mais les objets tombaient les uns après les autres sur le sol. Mandoline explosa alors de rire, et Clédesol d’abord vexée, se mit finalement à rire.

La fillette

La fillette

Le rire de Clédesol d’abord timide s’amplifia à mesure que Mandoline riait, jusqu’à réveiller les jouets qui somnolaient paisiblement dans le coffre, jusqu’à réveiller Otto la radio qui bourdonnait doucement sur la commode, jusqu’à… éveiller l’attention de la fillette qui dessinait assise sur son lit. Intriguée par ce son cristallin inhabituel mais si doux à entendre, la fillette avait avancé à pas de loup près du coffre, là d’où cette douce mélodie semblait s’échapper. Quand Clédesol se rendit compte que la fillette l’observait, elle s’arrêta immédiatement de rire et se figea. Du coin de l’oeil, elle cherchait en vain le regard de Mandoline, mais celle-ci avait disparu. La fillette s’approcha timidement de Clédesol. « Tu parles ? Je t’ai entendue ! ». Clédesol resta parfaitement immobile. « Elle était dans le coffre et je ne l’ai pas sortie… » murmura doucement la fillette perplexe. « Est-ce que tu peux parler ? » demanda-t-elle pleine d’espoir. Devant ce silence parfait, la fillette se retourna et chuchota tristement « c’est vrai que les jouets ne parlent pas… ». La tristesse de la fillette poussa soudain Clédesol à prononcer quelques mots. « Oui, je parle ». Tous les jouets tendirent l’oreille. Ils pouvaient parler bien sûr, mais aucun n’avait jamais été entendu par des enfants. La fillette se mit à sourire pleine de joie. « Oh tu parles ! ». Et elle prit Clédesol dans ses bras. « Depuis qu’Otto la radio est arrivé, tu n’écoutes que sa musique, et ma danse est devenue inutile » osa Clédesol. La fillette hocha la tête négativement « Non, Otto la radio n’est pas un ami, il n’est pas comme toi… Depuis que tu ne danses plus, je suis triste… Je croyais que tu étais cassée. Est-ce que tu pourrais encore danser pour moi ? »

La fin

La fin

Clédesol commença timidement à lever les bras et à se mettre sur la pointe des pieds. Ses gestes étaient hésitants, mais sans musique, la magie habituelle qui l’inspirait n’était pas là. Elle se mit alors à chanter dans sa tête la musique de la boîte sur laquelle elle était posée auparavant. Et progressivement, la magie vint et elle vit dans les yeux de la fillette l’émerveillement. Alors qu’elle s’apprêtait à faire une pirouette, une musique s’éleva dans la pièce. Quelle surprise, c’était Otto la radio ! Bientôt rejoint par Mandoline et sa guitare ! Tous les jouets s’étaient maintenant déplacés autour de la scène. Clédesol, pleine de joie, se mit à danser encore plus gracieusement. Elle se rendait enfin compte de tout le bonheur qu’elle pouvait apporter en dansant. Elle s’approcha de Mandoline « Merci, grâce à ton pouvoir, tu m’as rendue heureuse ! Je pensais être seule au monde et je ne faisais attention à personne autour de moi. Mais maintenant, j’ai trouvé une véritable amie, toi ! ». Mandoline lui confia alors l’air espiègle « Mais ce n’est pas mon pouvoir de rendre heureux, c’est le tiens ! Moi je ne suis pas une vraie fée comme toi ». Clédesol était interloquée, mais Mandoline, sans lui prêter attention, continua « Mon seul pouvoir c’est de savoir que lorsqu’on veut on peut ! ». Elle lui fit un clin d’oeil et se remit à jouer de la guitare de plus belle. Clédesol se mit alors à rire aux éclats et son rire mélodieux emplit toute la pièce.

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