Conte de Noël « Le Noël de Friedhiulf le lutin »

Il était une fois, un lutin prénommé Friedhiulf. Ce lutin des bois attendait avec impatience son jour préféré de l’année : Noël. Un jour, il reçut une lettre de son cousin Ingemund qui vivait au Pôle Nord. Ce dernier lui demandait son aide, car le père Noël manquait de main d’œuvre. Sans perdre une minute, le jeune Friedhiulf prit son petit balluchon et se mit en route. Arrivé au Pôle Nord, il aperçut toute une petite troupe de lutins s’affairer pour mettre les paquets dans la hotte. Noël approchait à grand pas, il fallait faire vite ! C’est alors qu’il entendit une petite voix : « Friedhiulf, Friedhiulf ! ». Il vit alors son cousin Ingemund s’approcher de lui au pas de course : « Comment vas-tu cher cousin ? As-tu fait bon voyage ? Il faut faire vite, car le père Noël doit apporter les cadeaux ce soir ! » Fou de joie, Friedhiulf posa son sac et rejoignit les autres lutins et remplit le traineau avec le plus grand soin.
Quelques heures plus tard le traineau était prêt, mais tous les lutins ne pouvaient pas prendre part au voyage ! Seuls 4 pourraient venir faire la tournée avec le Père Noël. Bien qu’ayant une folle envie d’y aller, le petit Friedhiulf se dit qu’il ne serait jamais choisi. « Je suis le dernier arrivé, et je suis le moins costaud, se dit-il ». C’est alors que le Père Noël s’approcha de lui et lui demanda : « Comment t’appelles-tu petit bonhomme ? Friedhiulf c’est ça ? Que dirais-tu de venir faire la tournée avec moi ce soir ? Je t’ai vu travailler et le soin avec lequel tu préparais le traineau m’a donné envie de te récompenser ! » Friefhiulf explosa de joie et répondit « D’accord Monsieur….euh…Papa….euh Père Noël ! » C’est alors qu’ils se mirent en route pour la distribution des cadeaux.
Le traineau se posa sur le toit du premier immeuble. Le Père Noël en descendit et ouvrit sa hotte pour que les lutins puissent y mettre les cadeaux destinés aux habitants de celui-ci. Le jeune Friedhiulf, qui avait personnellement préparé ces cadeaux, les posa timidement dans la hotte. Une fois le Père Noël entré dans la cheminée, il retourna au traîneau. C’est alors qu’il se rendit compte avec effroi, qu’il s’était trompé de sac ! « Oh non ! » se dit-il « Le Père Noël ne va pas être content ! Il faut vite que j’échange les cadeaux ! »
Sans que ses camarades ne le voient, il descendit l’échelle et arriva devant l’immeuble. Il commença par le rez-de-chaussée où se trouvait une librairie et chercha le mauvais cadeau emballé, une théière. Une fois celui-ci retrouvé, il le remplaça par le bon cadeau, le dernier exemplaire des livres sur le jeu de trônes !
Puis il monta au premier étage. Doucement, il rentra dans l’appartement. Heureusement pour lui, le propriétaire de ces lieux, un Jack Russell, était à la fenêtre et faisait signe à ses amis qui arrivaient. Il trouva le deuxième paquet à changer, une pelote de laine, et le remplaça par le bon cadeau, un délicieux os.
Il se rendit ensuite au deuxième étage. Là, une famille d’ours finissait tranquillement son dîner en savourant un petit thé. Le sapin était en plein milieu du salon, il allait falloir être très discret. Il avança à pas de loup, récupéra le troisième paquet, un parfum, et le remplaça par un beau pot de miel soigneusement emballé.
Il accéda alors au troisième étage. Ça devenait plus compliqué, il y avait deux appartements. Il entra dans le premier, rampa lentement jusqu’au sapin et échangea les paquets, un surf contre un traîneau à monter en kit intitulé « traingavdg ». Il repartit sur la pointe des pieds, ouf les cerfs ne l’avaient pas remarqué ! Il entra alors dans le deuxième appartement, un petit studio habité par une mère chat et sa fille. Elles étaient à la fenêtre en train d’observer les flocons de neige tomber, alors il fut facile pour lui de remplacer le mauvais paquet, un set de manucure, par un bel arbre à chat !
Arrivé au quatrième étage, le son qui sortait de l’appartement était assourdissant ! Une fois entré dans l’appartement, il y avait tellement de monde qui faisait la fête, que le lutin ne voyait plus rien. Il essaya tant bien que mal de passer entre les invités, et finit par réussir à accéder aux cadeaux. Il remplaça le mauvais paquet, des charentaises, par le bon, une boule à facettes flambant neuve !
Il ne lui restait à présent plus qu’un seul étage à faire ! Arrivé au cinquième et dernier étage, il entra dans le petit studio sous les toits habité par une souris et une licorne en colocation. Toutes deux humaient l’air d’hiver à la fenêtre. Il se hâta de trouver la cheminée et y échangea les paquets, des sachets de tisane, par un délicieux morceau de fromage et des paillettes respectivement.
Ouf ! Friedhiulf avait réussi à redistribuer tous les bons cadeaux ! Il se hâta de remonter par l’échelle sur le traineau, éprouvé par cette course mais très fier de lui d’y être arrivé. Le Père Noël arriva au même moment et lui dit : « Ça va mon garçon ? En tout cas, merci pour ton aide, sans toi je ne sais pas comment j’aurais fait ! Il s’en faut souvent de peu pour ne pas s’emmêler les pinceaux, ajouta-t-il avec un clin d’œil malicieux. » Friedhiulf se sentit à nouveau plein de joie et prêt à distribuer les cadeaux parfaits pour tous. Il commença alors à chanter une petite chanson et ses camarades se mirent à danser avec lui. Puis le traineau décolla et s’envola dans la nuit étoilée vers d’autres maisons et immeubles à visiter.